EXPERIENCE POSSIBLE : identification du paraben par Chromatogrpahie sur couche mince (CCM)
Les parabènes constituent un groupe de produit organique. Du fait de leur activité effective antibactérienne et antimycosique, ils sont utilisés comme antimicrobiens dans des aliments, les boissons, les cosmétiques et les produits pharmaceutiques [1]. L'activité antimicrobienne augmente en fonction de la longueur de la chaîne mais les plus utilisés sont le méthylparabène et le propylparabène car ils possèdent un effet synergique[ ?] et du fait de leur plus grande solubilité. Les parabènes sont utilisés depuis plus de cinquante ans pour empêcher la croissance des champignons et des bactéries. En 2006, on peut en trouver dans plus de 80% des produits de beauté. Une étude récente suggère que l'accumulation du parabène dans le tissu mammaire pourrait être en une des causes de l'augmentation du nombre de cancers du sein.
L'industrie des cosmétiques emploie de nombreux conservateurs chimiques dont le rôle est d'empêcher la croissance de champignons ou de bactéries et d'assurer le maintien de la qualité et des propriétés de sa formule. Bien que leur utilisation soit autorisée officiellement, un nombre croissant de consommateurs se méfient aujourd'hui des esters d'acide p-hydroxybenzoïc, plus connus sous le terme de paraben. D'abord parce que l'association entre paraben et cancer, apparue après la publication d'une étude scientifique récente, fait beaucoup de bruit, mais aussi parce qu'ils ont un nom facile à retenir. Alors, les parabens sont-ils vraiment dangereux ou seulement politiquement incorrects ?
Le Dr Philippa Darbre, de l'Université de Reading, a en effet détecté la présence de paraben sur des tissus prélevés sur 20 tumeurs du sein. « C'est la première fois que l'on démontre que les parabens peuvent s'accumuler dans l'organisme », a déclaré le Dr Darbre à la BBC.
On pensait jusque-là que, lorsqu'ils étaient ingérés, les parabens étaient rapidement détruits et transformés en sous-produits inoffensifs. Or les parabens retrouvés dans les tumeurs étaient intacts, ce qui laisse penser qu'ils ont pénétré par la peau plutôt que par voie orale. L'étude fait grand bruit alors que ses conclusions sont mesurées puisqu'il n'y a eu aucune comparaison de ces résultats avec des tissus sains.
En l'absence de confirmation des risques, l'AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a déclaré, le 29 septembre 2005, que "la commission de cosmétologie s'est prononcée favorablement à la poursuite de l'utilisation, aux conditions prévues par la réglementation actuelle, de 4 des 5 parabens les plus couramment utilisés (méthyl, éthyl, propyl et butyl parabens)."
OESTROGENIQUE :
Depuis, on suspecte ces conservateurs d'être à l'origine d'une perturbation du système endocrinien : leur danger potentiel, inconnu jusqu'alors, proviendrait de leur capacité à mimer l'action des hormones féminines en s'attachant aux récepteurs d'½strogènes des cellules de l'organisme. Et justement, les facteurs hormonaux sont prédominants dans le développement d'un cancer du sein.
Cela dit, des essais en laboratoire ont montré que même les parabens les plus actifs sont 10 000 fois moins puissants que l'½stradiol, cette hormone qu'on administre aux femmes ménopausées dans les traitements substitutifs...
Des études in vitro sur des modèles cellulaires ont mis en évidence les propriétés oestrogéniques des parabens qui pourraient expliquer l'augmentation de l'incidence des tumeurs cancéreuses du sein. L'activité endocrinienne des parabens serait d'autant plus grande que la chaîne alkyle est longue (méthyl < éthyl < propyl < butyl < isobutyl).
L'auteur (Philippa Darbre) émet l'hypothèse d'une relation entre la présence de parabens ,dans le tissu mammaire, leur activité ½strogénique et l'induction de cancer du sein.
En ce qui concerne les parabens, il n'a pas été prouvé qu'ils soient cancérigènes pour l'Homme. Ce que l'on sait, c'est qu'ils sont concérigènes - à haute dose - pour le rat, ce qui ne prouve pas grand chose, car d'une part le métabolisme du rat diffère de celui de l'Homme, et d'autre part les doses autorisées dans les cosmétiques sont censées être inoffensives pour l'Homme.
Ces limites s'élevent à 0,4% pour chacun des parabens, le total de tous les parabens d'un même produit ne pouvant dépassé 0,8% (calculé en masse d'ester).
La polémique vient du fait que, lors d'une étude anglaise du Dr Philippa Darbre faite sur vingt échantillons de tumeurs cancéreuses du sein, il a été trouvé des traces de parabens dans 18 d'entre eux.
Cependant aucun lien clair n'a été fait entre les parabens et le cancer, et encore moins entre l'utilisation de produits cosmétiques contenant des parabens et le cancer. Il aurait fallu pour cela vérifier si les cellules saines contenaient ou pas des traces de parabens, comprendre la provenance de ces parabens (ils pourraient par exemples avoir été ingérés lors du traitement anti-cancer) pour pouvoir aboutir à une conclusion. Notons enfin que cette étude portait sur très peu d'échantillons.
Ceci étant dit, le fait que les parabens soit métabolisés (c'est-à-dire le fait qu'on puisse les retrouver dans l'organisme) peut être considéré comme inquiétant en soi, et chacun est évidemment libre de prendre les précautions qu'il juge nécessaires, et d'éviter les produits contenant certains ingrédients qu'il considère comme douteux.
C'est pourquoi l'Afssaps poursuit une veille scientifique et technique dans le cadre de ses missions de sécurité sanitaire et met en place un groupe de travail sur ce sujet.
http://arretelemassacre.canalblog.com/archives/2007/04/13/4614687.html
Utilisés depuis des décennies comme conservateurs, les parabens sont des molécules également présentes dans la nature, les produits de l'abeille (propolis, gelée royale, ...) en étant particulièrement riches. Mais c'est également le cas de fruits et légumes comme l'orge, la fraise, le cassis, la pêche, la carotte, l'oignon, les haricots blancs, la vanille,... et aussi dans des aliments préparés à partir de plantes, comme les jus de raisins et d'autres fruits, les extraits de levure, le vinaigre de vin et également les fromages. On les trouve naturellement comme précurseur du Coenzyme Q10 (chose connue dès 1965 1), dans le corps humain (chose connue depuis 1977 2) et plus particulièrement dans celui de la femme.
On en connaissait le problème principal, qui est d'ordre allergique. En effet, les mélanges de parabens peuvent amener des réactions allergiques classiques de dermatite de contact, parfois diffusées à partir d'une éruption traitée existante. L'hypersensibilité allergique aux parabens n'est pas rare bien que somme toute peu répandue par rapport à leur utilisation quasi ubiquitaire (médicament, alimentation, cosmétiques, ...). Mais la formulation de cosmétiques ne dégradant pas le film cutané de la peau permet de réduire ces problèmes à un niveau vraiment très faible.
Leur activité oestrogénique avait bien été mise en évidence, mais pour des doses sans rapport aucun avec celles employées pour la conservation.
Puis, en 2004, coup de tonnerre : Madame Dabre, et son équipe de l'Université de Reading, Angleterre, Division of Cell and Molecular Biology, School of Animal and Microbial Sciences, publie dans le Journal of Applied Toxicology, une série de trois articles 3 :
1. Although risk factors are known to include the loss of function of the susceptibility genes BRCA1/BRCA2 and lifetime exposure to oestrogen, the main causative agents in breast cancer remain unaccounted for. It has been suggested recently that underarm cosmetics might be a cause of breast cancer, because these cosmetics contain a variety of chemicals that are applied frequently to an area directly adjacent to the breast. The strongest supporting evidence comes from unexplained clinical observations showing a disproportionately high incidence of breast cancer in the upper outer quadrant of the breast, just the local area to which these cosmetics are applied. A biological basis for breast carcinogenesis could result from the ability of the various constituent chemicals to bind to DNA and to promote growth of the damaged cells. Multidisciplinary research is now needed to study the effect of long-term use of the constituent chemicals of underarm cosmetics, because if there proves to be any link between these cosmetics and breast cancer then there might be options for the prevention of breast cancer.
elle accuse les ingrédients des déodorants appliqués aux aisselles d'être liés avec les cancers du sein
1. Parabens are used as preservatives in many thousands of cosmetic, food and pharmaceutical products to which the human population is exposed. Although recent reports of the oestrogenic properties of parabens have challenged current concepts of their toxicity in these consumer products, the question remains as to whether any of the parabens can accumulate intact in the body from the long-term, low-dose levels to which humans are exposed. Initial studies reported here show that parabens can be extracted from human breast tissue and detected by thin-layer chromatography. More detailed studies enabled identification and measurement of mean concentrations of individual parabens in samples of 20 human breast tumours by high-pressure liquid chromatography followed by tandem mass spectrometry. The mean concentration of parabens in these 20 human breast tumours was found to be 20.6 +/- 4.2 ng x g(-1) tissue. Comparison of individual parabens showed that methylparaben was present at the highest level (with a mean value of 12.8 +/- 2.2 ng x g(-1) tissue) and represents 62% of the total paraben recovered in the extractions. These studies demonstrate that parabens can be found intact in the human breast and this should open the way technically for more detailed information to be obtained on body burdens of parabens and in particular whether body burdens are different in cancer from those in normal tissues.
elle a retrouvé des parabens, du methylparaben principalement, dans le tissu mammaire ...
1. This paper addresses the question of whether p-hydroxybenzoic acid, the common metabolite of parabens, possesses oestrogenic activity in human breast cancer cell lines. The alkyl esters of p-hydroxybenzoic acid (parabens) are used widely as preservatives in consumer products to which the human population is exposed and have been shown previously to possess oestrogenic activity and to be present in human breast tumour tissue, which is an oestrogen-responsive tissue. Recent work has shown p-hydroxybenzoic acid to give an oestrogenic response in the rodent uterotrophic assay. We report here that p-hydroxybenzoic acid possesses oestrogenic activity in a panel of assays in human breast cancer cell lines. p-Hydroxybenzoic acid was able to displace [(3)H]oestradiol from cytosolic oestrogen receptor of MCF7 human breast cancer cells by 54% at 5 x 10(6)-fold molar excess and by 99% at 10(7)-fold molar excess. It was able to increase the expression of a stably integrated oestrogen responsive reporter gene (ERE-CAT) at a concentration of 5 x 10(-4) M in MCF7 cells after 24 h and 7 days, which could be inhibited by the anti-oestrogen ICI 182 780 (Faslodex, fulvestrant). Proliferation of two human breast cancer cell lines (MCF7, ZR-75-1) could be increased by 10(-5) M p-hydroxybenzoic acid. Following on from previous studies showing a decrease in oestrogenic activity of parabens with shortening of the linear alkyl chain length, this study has compared the oestrogenic activity of p-hydroxybenzoic acid where the alkyl grouping is no longer present with methylparaben, which has the shortest alkyl group. Intrinsic oestrogenic activity of p-hydroxybenzoic acid was similar to that of methylparaben in terms of relative binding to the oestrogen receptor but its oestrogenic activity on gene expression and cell proliferation was lower than that of methylparaben. It can be concluded that removal of the ester group from parabens does not abrogate its oestrogenic activity and that p-hydroxybenzoic acid can give oestrogenic responses in human breast cancer cells.
elle lie la présence des parabens au développement des cancers du sein.
Le lien semble donc fait entre parabens et cancers du sein. L'Europe s'émeut, internet sert de boîte de résonance aux allégations les plus folles. Sans prêter l'oreille aux multiples comités d'expert qui se réunissent, fort perplexes devant ces résultats.
Sans traîner, les Commissions réexaminent pourtant le cas des parabens ...
1. en alimentaire :
En septembre 2004, L'EFSA, autorité européenne de sécurité des aliments, publiait un rapport 4 qui concluait : "une dose journalière admissible groupée de 0 à 10 mg/kg de poids corporel pourrait maintenant être fixée pour les parabens méthylique et éthylique et leurs sels de sodium. Il a toutefois estimé que cette DJA groupée ne pourrait pas s'appliquer au paraben propylique en raison d'une étude récente qui montre ses effets sur des paramètres de reproduction mâles chez le rat. Bien que la présence de paraben propylique dans les produits alimentaires au sein de l'Union européenne soit limitée et qu'il soit peu probable qu'elle présente un risque pour le consommateur, le groupe n'a pas été en mesure de recommander une DJA pour le paraben propylique au vu des données existantes".
Cette conclusion fait suite à l'avis de l'ancien comité scientifique européen de l'alimentation (SCF) qui avait évalué les parabens en 1994 et fixé une dose journalière admissible groupée provisoire de 0 à 10 mg/kg de poids corporel pour l'ensemble des esters méthylique, éthylique et propylique d'acide p-hydroxybenzoïque et de leurs sels de sodium. Sur la demande de la Communauté Européenne, le groupe AFC de l'EFSA a réévalué la toxicologie de ces substances, en tenant compte d'études récentes, et la sécurité de leur utilisation dans les aliments. Le groupe est parvenu à la conclusion qu'une DJA groupée de 0 à 10 mg/kg de pc pourrait maintenant être fixée pour les parabens méthylique et éthylique et leurs sels de sodium. Il a toutefois estimé que cette DJA groupée ne devrait pas s'appliquer au paraben propylique puisque, contrairement aux formes méthylique et éthylique du paraben, la forme propylique a démontré avoir des effets sur la production de spermatozoïdes à une dose relativement faible chez les jeunes rats. Le groupe n'a pas été en mesure de recommander une DJA pour le paraben propylique en raison de l'absence d'une NOAEL (dose sans effet nocif observé) claire pour cet effet.
Pour procéder à l'évaluation du risque associé à l'utilisation des parabens dans les aliments, le groupe AFC de l'EFSA a évalué les nouvelles études disponibles sur la toxicité développementale du paraben méthylique chez le rat, la souris, le hamster et le
lapin. Aucun signe de toxicité développementale n'a été observé même aux doses les plus élevées testées, et le groupe est parvenu à la conclusion qu'aucune donnée supplémentaire n'était nécessaire pour évaluer la toxicité développementale. Le groupe a également réévalué les effets prolifératifs des parabens sur des cellules de la partie antérieure de l'estomac de rongeurs. Les experts ont conclu que ces effets ne se produiront qu'au dessus d'un certain seuil et que l'exposition humaine résultant de l'utilisation de ces parabens en tant que conservateurs sera bien inférieure à de telles doses. De plus, le groupe a évalué les résultats de nouvelles études sur les effets oestrogéniques des parabens et leurs effets sur les paramètres de reproduction chez de jeunes rats mâles. Les parabens méthylique et éthylique n'ont présenté aucun effet sur les hormones
sexuelles ni sur les organes reproducteurs des jeunes rats mâles à une dose de 1000mg/kg de poids corporel par jour, dose qui pourrait donc être considérée comme une NOAEL (dose sans effet nocif observé). En revanche, l'administration de paraben
propylique dans les aliments a affecté plusieurs paramètres et a induit notamment une réduction de la production quotidienne de spermatozoïdes à la dose la plus faible testée, qui était de 10 mg/kg de poids corporel par jour.
1. en cosmétique :
L'Afsspas, agence française de sécurité sanitaire des produits de santé : "Au vu de l'ensemble des données disponibles et des conclusions de comité d'experts de la Commission Européenne dans les domaines cosmétique mais aussi alimentaire, la commission de cosmétologie s'est prononcée favorablement à la poursuite de l'utilisation aux conditions prévues par la réglementation actuelle de 2 des 5 parabens les plus couramment utilisés : méthyl et éthyl-paraben. Pour le propyl-paraben, la commission de cosmétologie s'est montrée favorable à la poursuite de l'utilisation de ce conservateur sous réserve que des études complémentaires soient réalisées permettant de confirmer l'absence de risque aux conditions d'utilisation dans les produits cosmétiques. Les études de reprotoxicité et de pharmacocinétique jugées nécessaires par les experts de l'Afssaps seront proposées à l'avis de la commission de cosmétologie. Pour les autres parabens à chaîne plus longues, en l'absence d'intérêt d'utilisation par les industriels pour ces substances et du manque de données toxicologiques permettant d'écarter tout risque reprotoxique, la commission de cosmétologie s'est montrée favorable à demander à la Commission Européenne de les délister de la liste des conservateurs pouvant être utilisés dans les produits cosmétiques (annexe VI de la directive 76/768 modifiée). Dans l'attente de l'évaluation des données complémentaires fournies par les études demandées, il convient de rappeler que l'utilisation des parabens dans les produits cosmétiques ne présente pas de risque imminent pour la santé."
1. pour les médicaments :
Au niveau des médicaments – les parabens sont également fort employées dans les médicaments, tant buvables qu'injectables, – la conclusion fut similaire :" Suite à la publication en 2004 de l'étude Darbre et al.,l'Afssaps a mis en place en juin 2004 un groupe d'experts. Celui-ci a revu l'ensemble des données afin d'évaluer le potentiel cancérigène et reprotoxique de cette famille. Cette étude a en effet mis en évidence la présence de méthylparaben sous forme inchangée dans des biopsies de tissu tumoral mammaire humain. Cela a amené les auteurs à conclure à un lien de causalité entre l'effet perturbateur endocrinien des parabens et la survenue de cancer du sein. Cependant, cette étude comporte de nombreux biais expérimentaux (témoins négatifs contenant des parabens, aucune traçabilité des biopsies). Le groupe, tout en reconnaissant le potentiel perturbateur endocrinien des parabens, a jugé que celui-ci n'est pas plus fort que celui des phyto-oestrogènes, et ne peut à lui seul être à l'origine de la survenue de cancer du sein. Le groupe a estimé par ailleurs que l'effet perturbateur endocrinien et la survenue de cancer du sein ne pouvaient être analysés que par une réévaluation globale de l'ensemble des perturbateurs endocriniens, en prenant en compte la part d'exposition de la population pour chacun d'entre eux. Par ailleurs, à l'issue de la revue des données toxicologiques, le groupe d'experts a estimé que l'effet reprotoxique sur la fertilité masculine pouvait être avéré. Dans ce contexte, il a recommandé à l'Afssaps d'entreprendre des études animales sur la fertilité masculine avec le propylparaben et le butylparaben. L'objectif est de mieux caractériser ce risque et de calculer une valeur toxicologique de référence, qui servira de base à une politique de police sanitaire sur l'ensemble des produits."
Copaïba, prudent, s'interroge, et refait ses calculs :
Les parabens et leurs sels sont d'excellents anti-microbiens à large spectre, plus actifs vis-à-vis des levures et moisissures que des bactéries, surtout Gram négatives, et des pseudomonas; c'est pourquoi on les utilise généralement en combinaison avec d'autres produits, comme le phenoxyethanol, particulièrement efficace contre les bactéries Gram négatives et les pseudomonas 5. Dans ces mélanges, phenoxyethanol-methylparaben-propylparaben-ethylparaben-isobutylparaben, on trouve 23-26% de parabens et 68-72% de phenoxyethanol. Les directives de la Communauté Européenne en limitent l'utilisation à 1.39%, mais les cosmétiques n'en contiennent généralement que 0.3% à 1.0%.
Dans un cosmétique, on a donc un maximum de 1.39% d'un mélange conservateur contenant 23-26% de parabens. Soit 0.32-0.36% de parabens dans le cosmétique. L'application de 20 grammes de lait pour le corps, de quoi recouvrir généreusement l'entièreté de la surface de la peau, amènent donc 0.32-0.36% de 20 grammes, soit 0.064-0.072 grammes de parabens sur le corps. Dans le cas de 2 grammes de crème de jour, quantité largement suffisante pour un visage, ces doses sont ramenées à 0.0064-0.0072 grammes. Il s'agit toujours de maxima, puisqu'en pratique, les concentrations utilisées ne sont pas de 1.39% mais de 0.3-1.0% seulement, soit 1.39-4.33 fois moindres.
Les doses journalières maximales pour méthylparaben et éthylparaben, cent fois en dessous des doses pour lesquelles on n'a pu mettre en évidence aucun effet biologique nocif, sont de 10 milligrammes par kilo de poids corporel en alimentaire. Soit 500-750 milligrammes, ou 0.5-0.7 gramme pour un adulte.
Or, nous venons de voir que l'application de 20 gramme de cosmétique, ne donnait que 0.064-0.072 grammes, soit 7-10 fois moins. Et le produit se situe là sur la peau, et non dans l'organisme comme c'est la cas pour les produits alimentaires. Et aux doses usuelles de 0.3-1.0%, ce rapport 7-10 fois passe à 10-43 fois !
En comptant même que 100% des parabens déposés sur la peau pénètrent dans l'organisme (ce qui est largement pessimiste), on se situe encore, même pour des doses massives de cosmétiques, plus de 10 fois en-dessous des doses journalières admissibles, elle-mêmes fixées 100 fois sous les plus petites doses amenant un effet nocif ... Sans compter que tous les méthyl et éthylparabens contenu dans le mélange antimicrobien ne représentent qu'une part des parabens totaux.
Reste le problème du propylparaben, qui lui, présente des effets biologiques pour des doses aussi petites que 10mg/kg. Nos fournisseurs sont interrogées, des recherches plus approfondies sont faites, les Agences de sécurité cosmétique sont interrogées ...
... et décide, vu l'excellent profil toxicologique des parabens comparés aux autres conservateurs anti-microbiens, de ne pas céder au mouvement de panique ambiant, et de garder ses formules.
Pendant ce temps, la communauté scientifique examine les travaux de Madame Dabre de près ... Et trouve ses conclusions un peu légères. En gros : il est avéré que des organismes sains peuvent aussi contenir des parabens, et ne pas développer de cancer pour autant; les méthodes de dosage utilisées sont sujettes à caution; la méthodologie suivie ne répond pas aux exigences d'une étude scientifique; aucun lien clair n'a été fait entre les parabens et le cancer, et encore moins entre l'utilisation de produits cosmétiques contenant des parabens et le cancer; l'étude portait sur très peu d'échantillons ... Comme il fut très bien énoncé, ses études sont un peu comme dire : "beaucoup de gens portent des chaussures – on a retrouvé des chaussures aux pieds de gens qui ont développé un cancer – les chaussures provoquent le cancer"
L'année 2004 se passe, et les parabens restent néanmoins sur la sellette ...
Et fin 2005, le soufflé retombe. Sous le titre : "Evaluation du risque lié à l'utilisation des parabens dans les produits cosmétiques", l'EFSA rend ses conclusions : "Actuellement, l'acide parahydroxybenzoique, ses sels et esters (ou parabens), sont réglementés par la Directive cosmétique 76/768/CE (transposée en droit français par l'arrêté du 6 février 2001 modifié 1) aux concentrations maximales de 0.4% (en acide) pour un ester et de 0.8% (en acide) pour les mélanges d'esters. Les parabens sont présents dans environ 80% des produits cosmétiques en raison de leur efficacité antimicrobienne et de leur relative innocuité, vis à vis des effets sensibilisants notamment. Les parabens ont un large spectre d'activité sur les bactéries, les levures, les moisissures, et les champignons. Ils sont efficaces à de faibles concentrations et les mélanges de parabens ont un effet synergique. Ils sont facilement hydrolysables par des enzymes non spécifiques. Des études ont mis en évidence la dégradation des parabens après application sur la peau, ce qui explique une faible exposition systémique du consommateur. Les possibilités de substitution des parabens par d'autres conservateurs sont limitées, car de nombreux autres conservateurs ne sont pas aussi efficaces, et ne présentent pas une aussi bonne tolérance et autant de données de sécurité. Il a été démontré que les parabens pouvaient, dans certaines conditions, franchir la barrière cutanée chez l'animal mais les effets néfastes d'un éventuel passage transcutané des parabens chez l'Homme ne sont pas à ce jour démontrés 2. La plupart des études de toxicité générale (toxicité aiguë, subaiguë ou chronique) réalisées sur différentes espèces animales ont permis de montrer l'absence d'effets toxiques, génotoxiques, cancérogènes, et tératogènes de ces composés. Par ailleurs, en raison de leur hydrolyse dans l'organisme, ils ne sont pas susceptibles de s'accumuler dans les tissus. Des effets sur la fertilité ont été rapportés chez l'animal dans certaines études réalisées avec le propyl et le butyl-paraben, à des doses susceptibles d'être compatibles aux doses d'exposition humaine. De nouvelles études examinant spécifiquement ces effets ont été réalisées par l'industrie cosmétique. Les rapports complets de ces études ont été transmis à l'Afssaps en vue de leur expertise par la commission de cosmétologie. Ainsi, au vu de l'ensemble des données disponibles et des conclusions de comités d'experts de la Commission Européenne dans les domaines cosmétique 3 et alimentaire 4, et après expertise de l'ensemble des études actuellement disponibles, la commission de cosmétologie du 29 septembre 2005 s'est prononcée favorablement à la poursuite de l'utilisation, aux conditions prévues par la réglementation actuelle, de 4 des 5 parabens les plus couramment utilisés (méthyl, éthyl, propyl et butyl parabens). Pour l'isobutylparaben, la commission de cosmétologie s'est montrée favorable à la poursuite de l'utilisation dans les produits cosmétiques de ce conservateur, sous réserve que des études complémentaires soient réalisées permettant de confirmer l'absence de risque, aux conditions d'utilisation dans les produits cosmétiques. Concernant les autres esters d'alkyle de l'acide parahydroxybenzoique, notamment le benzylparaben, la commission de cosmétologie a émis des réserves concernant leur utilisation compte tenu du manque de données permettant d'écarter un risque reprotoxique. Considérant d'une part, que les données nécessaires ne seront pas fournies par les industriels et d'autre part, l'absence d'intérêt d'utilisation de ces substances selon les industriels cosmétiques, l'Afssaps proposera au niveau communautaire, une inscription nominative des esters évalués favorablement, en lieu et place de la mention générique actuelle " esters de l'acide parahydrobenzoïque ". Ceci permettra d'identifier les esters utilisables sans risque, et de ne pas inciter à l'utilisation de substances à risque non évalué.
christophe.rousselle@afssaps.sante.fr Département d'évaluation des produits cosmétiques, biocides et de tatouages
1 Arrêté du 6 février 2001 fixant la liste des agents conservateurs que peuvent contenir les produits cosmétiques.
2 Bulletin des vigilances n° 21 - mai 2004 et n° 27 de juin 2005
3 SCCNFP, The Safety Evaluation of Parabens covering in addition isopropyl paraben, 28 janvier 2005 4 EFSA, Opinion of the Scientific Panel on Food Additives, Flavourings, Processing Aids and Materials in Contact with Food on a Request from the Commission related to para hydroxybenzoates,
Elles sont on ne peut plus limpides : les parabens sont peu substituables par d'autre produits en raison de leur efficacité anti-microbienne et de leur relative innocuité; ils ne sont ni toxiques, ni génotoxiques, ni cancérogènes, ni tératogènes et ne s'accumulent pas dans les tissus dans les conditions réglementaires d'emploi en cosmétique; aussi, methylparaben, ethylparaben, propylparaben et butylparaben n'ont aucune raison d'être interdits; enfin, pour ne pas inciter à l'utilisation d'autres parabens, mal documentés, seuls ces quatre parabens devraient être autorisés dorénavant.
Fin de la saga des parabens. Pour les laboratoires comme Copaïba, qui ont tenu bon dans l'intérêt de la santé du consommateur, ne cédant pas aux caprices de la rumeur qui court pour remplacer les parabens par des anti-microbiens aux noms moins décriés mais nettement plus toxicologiquement suspect, ou par des substances "naturelles" dont les propriétés biochimiques nous sont fort méconnues, c'est une chose importante. Nous savons que des consommateurs se sont détournés – et se détourneront encore – de nos produits, criant à l'empoisonnement et au cancer ... mais nous avons la confirmation d'avoir assuré, en âme et conscience, la qualité de nos cosmétiques.
1 http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=336983
2 http://www.metametrix.com/Publications/Organic%20Compounds%20in%20Urine/
3 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?db=PubMed&cmd=Search&itool=PubMed_Abstract&term=%22Darbre+ PD%22%5BAuthor%5D
4 résumé sur http://www.efsa.eu.int/press_room/press_release/ 631/pr_afc01_parabens_fr1.pdf,
texte complet sur
http://www.ipfsaph.org/servlet/CDSServlet?status=ND1jdGh0dHB3d3dmYW9vcmdhb3NpcGZzYXBoaW5mb3JtYXRpb25zb3VyY2VlZnNhLkVGU0E4MSY2PWZyJjMzPWZvcm1hbF90ZXh0JjM3PWluZm8~
5 Une très bonne description de ces produits peut être trouvée sur http://www.schuelke-mayr.com/int/en/default/30470.htm
ou sur lotioncrafter.com/reference/tech_data_phenonip.pdf.
SOURCE : http://www.copaiba.be/parabens-suite.html